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« Il ne fait plus aucun doute que l’affaire Tapie est la plus grave de la Ve République »

 

François Bayrou a estimé mercredi soir que la mise en examen de Pierre Estoup dans l’affaire Tapie « confirme les soupçons » et justifie « le combat que nous menons depuis longtemps ».

Mercredi soir, l’ancien haut magistrat Pierre Estoup, l’un des trois juges du tribunal arbitral qui avait décidé d’octroyer 403 millions d’euros à Bernard Tapie dans le litige l’opposant au Crédit Lyonnais, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

« C’est un tremblement de terre, une décision extrêmement importante car elle est la confirmation des soupçons que nous avons été un certain nombre à pointer depuis longtemps, à nous battre de manière difficile car un peu seuls contre tous, pour dire : attention il se passe quelque chose d’extrêmmement grave », a réagi François Bayrou. « Le chef de cette mise en examen, ‘escroquerie en bande organisée’, signifie que cela a été concerté, réfléchi de longue date, savamment mis en place au coeur de l’État pour détourner l’argent public et en faire l’usage que vous savez », a jugé le leader centriste.

Quelques minutes plus tôt, sur France Culture, le leader centriste a estimé « impossible qu’une décision de cet ordre ait été prise sans que le plus haut sommet de l’État l’ait approuvée ou inspirée ». « Dans la Ve République, même pour nommer un sous-préfet, ça remonte à l’Elysée. Alors imaginez pour 400 millions d’euros qui intéressent un homme très proche du Président de la République de l’époque », a-t-il souligné, avant de rappeler que la Justice « a trouvé sur les agendas de Nicolas Sarkozy, avant qu’il y ait cette décision, dix-huit rendez-vous personnels » avec Bernard Tapie.

« Cette affaire sera l’affaire la plus grave de la Ve République. Jamais nous n’avons vu une telle organisation savante pour détourner de l’argent public, 400 millions d’euros. Je ne sais pas si l’on se représente ce qu’est la somme de 400 millions d’euros. Et, dans ces 400 millions, 45 millions d’euros de préjudice moral. Je voudrais que nous n’oublions jamais ce chiffre parce que, lorsqu’un enfant est tué dans un accident, par la faute d’une collectivité par exemple, le préjudice moral est fixé autour de 30.000 euros », a dénoncé le leader centriste.

Sur le plan international, cette question est aussi « très grave », a martelé François Bayrou : « Imaginez que Mme Lagarde soit atteinte. Ce serait le deuxième directeur général du FMI français atteint en peu de temps. Vous voyez à quel point les éclaboussures seraient importantes », a-t-il souligné, en décrivant son engagement personnel contre ce scandale comme celui d’un « défenseur de l’intérêt général, défenseur des citoyens français, des contribuables français et, au fond, de tous ceux qui croient à la justice ».

« Cette affaire est une affaire qui va ébranler profondément tous ceux qui croyaient de bonne foi qu’on ne faisait pas des choses de cet ordre en France », a-t-il conclu avec gravité.

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