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François Bayrou : « C’est dans le soutien à l’activité que se joue l’avenir de la France »

François Bayrou a pointé l’affrontement entre « deux Gauche à la tête de l’État », dont une défend « une ligne ancienne et contreproductive pour le pays », jeudi matin sur i>télé. Pour le leader centriste, « la France doit redevenir un pays où il fait bon travailler et où les créateurs sont soutenus ».

La croissance de la France sera proche de zéro pour cent en 2013. La Commission européenne est sur le point de l’annoncer. Vous, vous le dites depuis longtemps. Que faut-il faire pour que ça change et que ça monte ?
François Bayrou – Il faut avoir une priorité politique, qui pour l’instant n’a pas été forgée et soutenue devant les Français : mobiliser toutes les ressources du pays pour soutenir les créateurs d’entreprises, les créateurs d’emplois et de richesse.

C’est le principe du pacte de compétitivité ?
Il est juste dans ses orientations, mais pas dans ses réalisations. Dans les faits, nous cherchons toujours la mobilisation du pays. Nous avons l’impression qu’il y a deux Gauche au pouvoir… et ce n’est sûrement pas qu’une impression. D’un côté, des responsables qui ont dans l’idée que c’est dans le soutien à l’activité que se joue l’avenir. Je crois que François Hollande en fait partie. De l’autre, les défenseurs d’une ligne plus ancienne et contreproductive pour le pays.

Le PDG de Titan a adressé une lettre très rude à Arnaud Montebourg. Êtes-vous de ceux qui estiment qu’il n’y a rien à entendre dans ce message ?
La lettre était insultante, violente, arrogante. Mais il y a quelque chose à quoi nous devons faire attention, qui touche à l’image de la France : il existe des milieux, des entreprises étrangères notamment, qui regardent la France comme un pays où il ne fait pas bon travailler. Or, ce devrait être un pays où il fait bon travailler, où les créateurs et les entrepreneurs sont soutenus. Maintenant, arrêtons le film de cow-boy. Les termes de Titan ne sont pas admissibles et j’espère que le ministre du Redressement productif fera en sorte que l’image que certains se font de notre pays change.

Les syndicats ne sont-ils pas responsables de cette situation ?
Je n’aime pas que l’on dise « les syndicats », car ils n’ont pas tous la même attitude. Il est vrai qu’une partie de la culture syndicale en France est une culture de lutte dans l’entreprise, des salariés contre les patrons. Or, ce n’est pas l’heure de cette lutte là. Nous sommes tous dans le même bateau, la sauvegarde des uns est la sauvegarde des autres. Certains syndicats prennent aussi en compte cette obligation.

« POSONS LA QUESTION DE L’ÉGALITÉ DES SALARIÉS DU PUBLIC ET DU PRIVÉ »

Marylise Lebranchu a annoncé la suppression prochaine du jour de carence pour les fonctionnaires. Vous approuvez cette mesure ?
Tant que nous ne poserons pas la question de l’égalité des salariés du public et du privé, face à la maladie par exemple, nous continuerons à faire croitre le fossé et l’incompréhension. Si nous posons la question du jour de carence des fonctionnaires, qui disons-le sert à freiner l’absentéisme, alors la question doit être aussi posée pour les trois jours de carence des salariés du privé. Nous ne pouvons pas avoir trois jours pour certains et aucun jour pour d’autres. Dire que la règle n’est pas la même d’un côté et de l’autre, cela crée un sentiment d’injustice.

Ségolène Royal, vice-présidente de la Banque publique d’investissement, vous en pensez quoi ?
Ce sont les dirigeants de la banque qui font ce choix. Mais François Hollande avait dit une chose pendant la présidentielle : il n’y aura plus de nomination de complaisance, d’amitié, etc. C’était une attente des citoyens, mais nous n’avons pas vu de changement fort de ce point de vue là. Nous avons besoin d’une attitude républicaine, qui rompe avec un certain nombre de laxismes connus avant. C’est une nécessité, mais aujourd’hui ce n’est pas acquis.

« CHERCHONS DES ALTERNATIVES À LA PRISON, SANS FAIRE PREUVE DE LAXISME »

Christiane Taubira propose pour la petite délinquance la mise en place de peines de probation, à la place des peines de prison. C’est faire preuve de sens moral ?
Il ne faut pas prendre cela sous l’angle moral. Il est vrai que la prison est un pourrissoir dans un nombre important de cas. On y entre délinquant et on en sort dans les réseaux de banditisme. Nous devons donc chercher des solutions différentes, à condition que ce ne soit pas ressenti comme un signe de laxisme. L’opinion publique et tous les citoyens attendent de la prison une dimension de sanction, de protection de la société contre des gens qui dérivent. En même temps, il faut faire le travail de reconstruire le délinquant pour qu’il se réinsère. C’est ce travail qui ne se fait pas aujourd’hui. Alors oui, cherchons d’autres tâches d’intérêt général, qui soient rudes mais qui permette de reconstruire les personnalités au lieu de les détruire.

La réforme constitutionnelle est enterrée, faute de majorité. Vous regrettez que le Congrès ne soit pas réuni ?
Je le regrette sur les points principaux de la réforme : la fin de la Cour de Justice de la République, le statut du président de la République et des élus, … Sur le droit de vote des étrangers, nous aurions pu nous mettre autour de la table pour le faire de façon stable et équilibrée.

Jean-François Copé vous a fait huer hier, à la réunion des Amis de Nicolas Sarkozy. Comment réagissez-vous ?
Vous me l’apprenez, ce n’est pas un événement qui a fait le tour de la planète. Jean-François Copé a sa ligne. J’ai la mienne.

Pensez-vous que Nicolas Sarkozy va revenir ?
Je pense qu’il a envie de revenir.

Jean-Pierre Raffarin a critiqué certains points du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ses remarques sont-elles justes ?
Nous voyons que des remarques fondées viennent sur son quinquennat. Les dérives de sa campagne présidentielle ont inquiété un certain nombre de Français, dont moi. Diviser le pays pendant une élection ne permet pas de le reconstruire ensuite .

40 pour cent des Marseillais pourraient voter pour Bernard Tapie, s’il se présentait aux élections municipales. C’est inquiétant ?
Dans l’affaire Tapie, ce n’est pas Bernard Tapie qui est inquiétant, mais l’État qui a organisé une manœuvre. Depuis les premiers jours, dans cette affaire, c’est l’État qui a organisé en son sein une spoliation de l’argent des contribuables.

 

source : http://www.mouvementdemocrate.fr/medias/130221-bayrou-itele.html

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