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Mariage pour tous : « L’émulation autour de ce débat finit par m’exaspérer »

Chrétien et partisan du mariage pour tous, Yann Wehrling appelle le gouvernement à « sortir au plus vite de cette spirale dangereuse dans laquelle le débat sur le mariage pour tous semble vouloir aller ».

Le débat sur le mariage pour tous vous exaspère. Pourquoi?
Yann Wehrling – À titre personnel, je suis un fervent partisan du mariage pour tous. Mais j’en viens à me dire que, si j’étais le gouvernement, je m’empresserai de faire adopter cette loi et qu’on passe à autre chose : la compétitivité du pays par exemple. Je suis certain que – toute proportion gardée – comme pour l’abolition de la peine de mort, quand ce droit au mariage pour tous sera voté, d’ici quelques années, ceux qui y seront opposés ne seront plus qu’une petite minorité de la population.

Mais, ne devons-nous pas pour autant prendre le temps du débat?
Il y aurait certes une vertu à ce qu’il y ait un débat, mais à condition de poser les vraies questions. Celles soulevées par l’Église et certains élus de droite principalement (mais aussi de gauche) sur l’intérêt des enfants dans les couples homos, trouvent leur réponse dans l’excellent reportage diffusé ce matin sur France Info. Il donne la parole à des enfants (aujourd’hui adultes) élevés par des couples homos. Ils disent tous la même chose : ce dont ils ont souffert n’était pas la situation d’avoir deux pères ou deux mères, mais l’exclusion dont ils ont fait l’objet à l’école et dans la rue.

Pour vous, la discussion devrait donc porter sur la tolérance de la différence ?
Oui, à mon sens la vraie question est celle de la tolérance d’une société quant à la différence. Si le débat devait permettre à chacun de s’interroger sur sa capacité à supporter et accepter la différence des autres, alors ce débat serait utile. Car, au fond, il serait bon que chacun se rende compte qu’on a tous, un jour, besoin de la tolérance des autres quant à quelque chose dans notre vie qui fait différence. Qui n’a pas souffert une fois dans sa vie de l’intolérance des autres ?

Dans ses termes actuels, le débat vous semble donc dangereux?
L’Église et des politiques posent le problème d’une manière qui risque de créer encore plus d’intolérances et de rejet de la différence dans notre pays. Et le pays reculera, au point de nous faire courir le risque que la France soit l’un des derniers pays d’Europe à refuser ce qui me paraît être une évolution positive du droit.

Certains estiment que l’Eglise ne devrait pas émettre d’avis.
Que l’Eglise se prononce ne me choque pas outre mesure, pour peu qu’on veuille noter que parmi les chrétiens, nombreux sont ceux qui ne partagent pas l’avis des évêques, et j’en suis. Je mets cet avis au même plan que celui exprimé par n’importe quel cercle ou réseau. La laïcité serait en danger si l’Etat se sentait tenu de tenir compte de l’avis de l’Église… ce qui n’est pas le cas évidemment, heureusement.

Selon-vous, quelle attitude le gouvernement doit adopter?
Nous devons sortir au plus vite de cette spirale dangereuse dans laquelle ce débat semble vouloir aller. Que le gouvernement ne cède pas davantage aux pressions en repoussant encore l’examen et l’adoption de ce droit, car les reports ne pourront que contribuer à l’enlisement… et, peu ou prou, à l’abandon.

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