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François Bayrou sur Europe 1 ce dimanche 23 septembre

Pour sa rentrée politique, François Bayrou a abordé ce dimanche 23 septembre lors du Grand Rendez-vous d’Europe1 tous les grands sujets de l’actualité du pays. Retour sur les principaux extraits de l’émission.

Pour compléter cet article, retrouver l’émission ici (Europe 1)

– Les choix présidentiels et gouvernementaux: « Il y a deux tendances dans le gouvernement: l’une qui est à mon sens fondée, courageuse mais impopulaire et l’autre qui prend des décisions risquées, aventureuses, déraisonnables et qui ne seront pas tenues dans le temps », a-t-il expliqué.
Dans la catégorie des plus, François Bayrou a cité cinq engagements du chef de l’Etat qui représenteraient, selon lui, un « grand changement historiquement pour la gauche » s’ils étaient mis en place.
« François Hollande a dit: nous choisissons des économies budgétaires pour 10 mds d’euros, une somme considérable. Nous ferons adopter le traité de discipline budgétaire européen. Celui sur lequel la majorité est en train de se fracturer (les écologistes sont contre, ndlr) Et, il a ajouté, et c’est tout aussi important, nous allons mettre en place une autorité indépendante auprès de la Cour des comptes qui va empêcher les magouilles des hypothèses de croissance irréalistes et vérifier que les budgets sont dans la ligne », a rappelé M. Bayrou.
« Il a ensuite ajouté: on va changer le droit du travail et le financement de la protection sociale pour qu’il ne repose plus entièrement sur l’entreprise », a-t-il souligné.
« Si ces cinq éléments sont mis en place, ce sera un grand changement, historiquement très important pour la gauche française qui vivait avec l’idée qu’il suffisait de dépenser de l’argent public pour que les choses aillent mieux », a estimé l’ex-candidat à la présidentielle en évoquant un « Bad Godesberg ».
« Le problème, c’est que la campagne électorale de François Hollande avait chanté une toute autre musique » et « je sais une chose, c’est que pour soutenir cette politique-là, ce n’est pas la majorité en place qui le fera sans à coups ou sans drame », a-t-il estimé.
Côté négatif, à ses yeux, il a dénoncé la création de 40.000 postes d’enseignants en 2013, ce qui est pour lui « déraisonnable », et l’idée de mettre fin à la loi sur le service minimum dans les transports, qui serait « une catastrophe ».

– Le Traité européen: le président du Mouvement Démocrate a expliqué dimanche ne pas douter que le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault posent « la question de confiance » aux élus d’EELV sur la ratification du traité budgétaire européen, un sujet qui, pour lui, « touche à l’essentiel ».
« Tout le monde voit bien que c’est une ligne de clivage déterminante. C’est une fracture qui touche à l’essentiel : est-ce qu’on va faire une politique qui va revenir vers l’équilibre ou bien est-ce que cet équilibre est à rejeter et l’on doit dépenser », a-t-il souligné.
« A l’intérieur d’une majorité, on ne peut pas être en affrontement frontal sur l’essentiel. On peut l’être éventuellement sur des choses secondaires mais pas sur l’essentiel et je ne doute pas que François Hollande et Jean-Marc Ayrault vont leur poser la question de confiance », a-t-il expliqué.
Pour l’ancien candidat à la présidentielle, « il se passe quelque chose de très important au sein de la majorité qui est en train de se couper en deux sur l’essentiel, c’est-à-dire sur le retour inéluctable, inévitable à l’équilibre pour notre pays ».

– Le droit de vote des étrangers: – François Bayrou a estimé que le moment n’était pas favorable pour faire passer le texte controversé sur le droit de vote des étrangers aux élections locales et appelé François Hollande à ne pas « passer en force ».
« J’ai défendu ce principe, comme Nicolas Sarkozy l’avait fait et comme François Hollande l’a fait. Mais si j’ai un message à adresser au gouvernement, c’est que ce n’est pas le moment et ce n’est pas la méthode parce que les choses ne sont pas mûres », a-t-il déclaré.
« Dans un pays où il y a tellement de tensions entre les gens autour de ces idées, notamment de la nationalité, il ne faut pas passer en force », a-t-il recommandé. « Il n’y aura pas de référendum et il n’y aura pas de majorité constitutionnelle, donc cette idée-là peut être avancée pour être dans la ligne d’une promesse mais elle ne sera pas mise en oeuvre », a-t-il prédit.

– Tensions dans le monde musulman: « Par des propos irréfléchis et des provocations, Marine Le Pen, et Jean-Marie Le Pen aussi, ont utilisé hier (à l’université d’été du FN, ndlr) des termes et des idées qui sont impossibles à accepter dans une démocratie », a expliqué François Bayrou.
« Marine Le Pen a dit: on va enlever de la rue, tous les voiles et toutes les kippas mais elle n’en a pas le droit. Il y a des droits constitutionnels, il y a la déclaration des droits de l’Homme qui dit, explicitement, que toute opinion même religieuse a le droit d’être manifestée, à la seule exception, que nous avons votée, qui est celle de dissimuler le visage », a rappelé le président du MoDem.
« Je ne sais pas si ces propos irréfléchis ont été mesurés car cela veut aussi dire qu’il va falloir obliger les religieux et religieuses chrétiens à enlever leurs habits et leurs voiles », a-t-il souligné en se disant en revanche sûr d’une chose: « Marine Le Pen veut créer un sentiment anti-musulman pour rapporter des voix ».
« Il y a là un danger pour la France. Ceux qui aiment notre nation doivent avoir une idée simple en tête: on n’a pas le droit de la diviser et d’organiser des guerres civiles en son sein et la religion est un sujet de guerre qu’on doit écarter. C’est pourquoi la laïcité française est un message adressé au monde », a-t-il conclu.

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