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« Si le PS répond à mon choix d’entre-deux tours par le sectarisme, la France ne s’en sortira pas »

François Bayrou était l’invité de la matinale de France Inter, lundi 28 mai. Il est notamment revenu sur la posture adopté par le Parti socialiste pour les élections législatives.

D’abord invité à réagir aux propos de Christine Lagarde sur la Grèce, François Bayrou a jugé « extrêmement choquants » les mots prononcés par la patronne du FMI qui, selon luk, « a mis en accusation le peuple grec comme s’il était coupable » alors qu’il a été « entraîné dans un aveuglement » par ses dirigeants. « J’ai trouvé les propos de Christine Lagarde extrêmement choquants parce qu’elle a mis en accusation le peuple grec comme si il était coupable et responsable », a-t-il expliqué au micro de France Inter.

Mme Lagarde a mis le feu aux poudres en estimant dans une interview au Guardian que « les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement », et ce, en « payant tous leurs impôts ». Elle s’est dite moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d’Afrique. « Il y a, dans la société grecque, dans le pouvoir grec et son organisation, des responsabilités mais il n’est pas vrai que ce soit le peuple grec qui soit responsable de ce qui lui arrive. Il a été entraîné dans un aveuglement, il avait un bandeau sur les yeux et on lui a fait croire qu’on pouvait continuer vivre en empruntant », a estimé le chef de file du « Centre pour la France » aux élections législatives.

« Mais, a-t-il souligné, il n’est pas le seul peuple en Europe a qui on ait mis un bandeau sur les yeux et à qui on ait raconté qu’on pouvait continuer à vivre en s’endettant ». « J’en connais d’autres qui auront aussi leur rendez-vous ». « C’est pourquoi j’ai trouvé que le Fonds monétaire international et Christine Lagarde devraient s’exprimer de manière différente pour des peuples en souffrance. Je n’aime pas qu’on mette les peuples, et les plus fragiles, en cause. Ce sont eux qui paient les pots cassés des crises que d’autres ont décidées. Les gouvernements grecs de gauche et de droite sont éminemment responsables de la situation qui a été créée » a-t-il conclu.

« Si le PS répond à mon choix » de François Hollande « par le sectarisme, la France ne s’en sortira pas »

Interrogé sur sa campagne dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou s’est montré confiant, tout en regrettant la posture adoptée par le Parti socialiste.

« J’ai fait un choix qui a été regardé par tout le monde comme un choix sans précédent. C’est la première fois qu’un responsable politique du centre dit: cette ligne que vous essayez de tracer entre les Français comme un mur infranchissable, cette ligne-là, nous devons la franchir », a-t-il d’abor rappelé. « Et j’ai fait un pas, tendu la main au-dessus de cette ligne pour une raison certaine, c’est que nous n’arriverons pas à nous sortir de la crise si nous ne sommes pas en mesure de travailler ensemble entre Français. Si c’est une majorité coupée en deux avec en face, une opposition agressive décidée à la faire perdre, alors c’est le pays qui va s’enfoncer », a détaillé le leader centriste.

« À ce choix sans précédent dont on voit bien qu’il est difficile, si on ne répond que par du sectarisme, que par les intérêts d’appareil, alors on est sûr que la France ne s’en sortira pas et la majorité actuelle, moins encore », a-t-il prévenu, soulignant que « l’équation politique dans (s)a circonscription n’est pas facile ». « Une partie de l’électorat de droite, que je connais bien et parmi lequel je compte des amis, a été profondément choqué par le fait que je vote François Hollande. Il y a eu une émotion et un choc », a-t-il constaté. « Mais, il y a en même temps une réflexion qui est en train de se faire sur deux questions: pourquoi l’a-t-il fait et surtout, quel genre de député voulons-nous?

« Qui pourra nous défendre, monter au créneau, aura le courage d’affronter les puissants? Et, ils savent bien que je n’ai jamais manqué de ce courage-là, y compris pour faire bouger les lignes », a-t-il fait valoir. Revenant sur les raisons de son choix, François Bayrou a rappelé s’être déterminé « en conscience » autour de l’idée que la France « ne pouvait s’enfoncer dans les divisions autour de sujets brûlants, l’obsession de l’immigration et de l’islam », sur lesquels s’est « focalisée la campagne de Nicolas Sarkozy ».

« Je voudrais maintenant que l’on regarde l’avenir et je suis sûr que chacun des électeurs de la circonscription va le faire. Chacun sait ce qui va se produire en France et les forces dont on va avoir besoin pour que le pays sorte de cet affaiblissement. C’est en fonction de cette réflexion-là, qu’ils feront leur choix et je suis sûr qu’ils le feront dans le bon sens », a-t-il conclu.

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