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« Si nous savons produire le haut de la pyramide, nous pouvons aussi produire la masse! »

François Bayrou était l’invité de l’émission « On n’est pas couché », sur France 2, samedi 7 janvier.

Alors que Laurent Ruquier ouvrait cette interview en annonçant qu’elle serait chronométrée, afin de respecter le temps de parole imposé par le CSA, François Bayrou a rappelé que « la responsabilité de la radio et de la télévision, surtout publiques, est le pluralisme ». « Certains voudraient ne favoriser que les deux ‘gros’ candidats et dire ‘le reste nous n’en parlons pas’, et bien ce soir nous en parlons », a-t-il souligné, très en verve.

« A nos problèmes, il y a une cause et des solutions ! »

Invité à réagir sur la campagne présidentielle qui commence, le député des Pyrénées-Atlantiques a souligné qu’il n’y aura « qu’un candidat au centre, et un seul, les autres ne se présenteront pas ». « On doit toutefois me considérer comme un candidat central plutôt que centriste. Dans centriste, il y a triste. Je défends pour ma part une vision positive de l’avenir », a-t-il jugé.

« Oui, la dette est apocalyptique et nous allons perdre notre AAA. Toutes les familles voient bien que le pouvoir d’achat s’effondre. A ces problèmes, il y a une cause : on ne produit plus en France. Mais la reconquête de notre production est possible ! L’Allemagne est excédentaire, alors qu’elle a le même coût du travail, la même monnaie que nous. Nous savons faire des satellites, des avions. Si nous savons produire le haut de la pyramide, nous pouvons aussi faire la masse », a poursuivi le candidat à la présidence de la République.

« Equilibrer le commerce extérieur et le budget du pays »

« Les citoyens peuvent être acteurs du redressement. Je ne dis pas que nous devons acheter 100% de produits français. Mais il suffit simplement de remplacer 20% de ce que l’on achète à l’étranger par des produits français, pour équilibrer notre commerce extérieur. Le déficit de notre commerce extérieur représente 3 millions de salariés… quand nous avons 3 millions de chômeurs », a analysé François Bayrou.

Selon lui, « il faut aussi remettre l’équilibre dans le budget du pays. Cela passe par des tranches supplémentaires dans l’impôt sur le revenu ». « La TVA sociale en revanche est un débat bâclé. Mettre soudainement 5 points supplémentaires de TVA, ce serait évidemment un effondrement du pouvoir d’achat des salariés, des retraités et des chômeurs, alors même que les classes moyennes sont déjà laminées à cause du modèle des inégalités croissantes », a-t-il plaidé.

« L’Europe doit être celle des peuples ! »

Interrogé sur l’avenir de la construction européenne, François Bayrou a rappelé qu’il n’avait « pas voté le Traité de Nice » et « vivement critiqué le Traité de Lisbonne, car il a été adopté en catimini ». « Je défendais le référendum car je pense que ce le peuple a refusé, seul le peuple peut l’accepter sur des bases nouvelles », a-t-il ajouté.

« Je crois de toutes mes fibres à l’Europe. Je pense qu’elle est une famille de nations qui partagent le même projet de civilisation et de société. Mais l’Europe ne peut fonctionner que si les citoyens ont le pouvoir », a-t-il estimé avec conviction, réaffirmant également son attachement à la monnaie unique : « sortir de l’Euro nous conduirait à verser des larmes de sang ».

« Retrouvons la meilleure éducation du monde »

Interpellé sur les questions d’éducation par la journaliste Natacha Polony, le député des Pyrénées-Atlantiques a rappelé que « les Français ont connu une époque où l’école française était la meilleure. J’étais ministre de l’Éducation nationale il y a quinze ans, depuis nous avons perdu plus de dix places dans les classements internationaux ».

Très préoccupé par cette situation, François Bayrou s’est voulu pragmatique et pédagogue, énumérant les propositions concrètes : « Repérons et accompagnons dès que possible les enfants en difficulté. Renforçons le soutien pour les élèves au collège. Je trouve scandaleux que des familles aient recours massivement aux cours particuliers, tandis que d’autres n’en ont pas les moyens financiers. Le soutien doit être accessible pour tous, au sein de l’établissement. Je proposerai une bourse aux étudiants pour qu’ils assurent ce rôle ».

Au lycée, « l’année de terminale doit devenir une année de préparation à l’enseignement supérieur. Enfin, nous devons encourager l’expérimentation et analyser ce que font les 5% des enseignants les meilleurs, pour permettre aux autres de faire la même chose », a-t-il conclu, convaincu que la France est capable de retrouver la « meilleure éducation du monde ».

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