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lanbert
 

« L’euro doit être l’une des fondations de notre majorité nouvelle! »

 

Alain Lambert, ex-UDF et ancien ministre UMP du Budget sous Jacques Chirac, a estimé que « l’euro constitue le principal axe de rassemblement d’une majorité transpartisane, telle que souhaitée par François Bayrou », dans une interview accordée au journal Marianne, le 19 novembre. Il a par ailleurs réaffirmé son soutien au leader centriste pour la présidentielle 2012.
Marianne : Pourquoi François Bayrou ?
Alain Lambert : Mon choix est très réfléchi, je ne voulais pas d’un choix par défaut mais un choix par adhésion sincère attendu la gravité de la situation du pays. François Bayrou a fait preuve de clairvoyance depuis l’origine puisque dès 2007, il a considéré que le redressement des finances publiques était le préalable pour sauver l’euro. Deuxièmement, il a eu le courage d’assumer ce choix puisqu’il s’est refusé à rallier Nicolas Sarkozy devant son inconscience face à la crise des finances publiques qui menaçait déjà la France. Ensuite, il s’est montré lucide parce qu’il a identifié les causes de la mauvaise gouvernance de la France, notamment les abus de pouvoir de l’Elysée sur l’action du gouvernement et le mélange des genres entre la présidence et la fonction de Premier ministre qu’il a très bien développé dans son livre. Enfin, il est respectueux, y compris avec ceux qui ne l’ont pas suivi en 2007 dont je suis, il écoute le point de vue des autres, il ne cherche pas à se constituer une cour autour de lui. Il est le candidat qui a la conscience la plus vive de la situation : il n’y a pas de salut pour le pays en dehors d’une majorité qui dépasse les clivages partisans traditionnels, ce que le centre peut faire plus facilement que la droite ou la gauche classiques. Quand je regarde tous les candidats c’est probablement celui qui est le mieux en situation de tenir la barre dans la tempête qu’on va traverser bien malgré nous.

Jusqu’où irait cette fameuse majorité transpartisane que vous évoquez ?
Pour que ce ne soit pas une majorité qui se constitue à partir du débauchage des uns et des autre, il faut qu’elle poursuive un but commun : la défense de l’euro. Tous ceux qui sont contre l’euro ne peuvent appartenir à cette majorité. L’euro est un bien commun qui peut constituer un axe de rassemblement. L’appartenance à ce bien commun ne relève pas obligatoirement d’une pensée politique puisque vous avez à droite comme à gauche des gens contre.
Faisons un peu de politique fiction. L’hypothèse d’un François Hollande élu et invitant Jean-Luc Mélenchon à participer à son gouvernement remettrait en cause votre propre participation à cet éventuel gouvernement ?
Je ne vois pas comment il me serait possible d’appartenir au même gouvernement que Jean-Luc Mélenchon puisqu’il est pour la destruction de l’euro et moi pour sa survie. Je pense que François Hollande a un choix redoutable à faire, s’il passe des alliances électorales entre des gens qui sont contre l’euro et des gens qui sont pour l’euro, il aura cinq années de gouvernement chaotiques. Je pense que c’est primordial que tout le monde soit sur la même ligne au regard de l’euro.

Vous dites que François Bayrou est un candidat crédible, pourtant, au regard des sondages, les Français ne semblent pas de cet avis. Comment expliquez-vous ces faibles intentions de vote en sa faveur ?
Je pense que, pour l’instant, les Français pensent qu’il n’y pas suffisamment de personnalités qui le rejoignent. Intuitivement, ils se disent qu’un gouvernement est composé de plusieurs ministres et qu’il faut donc des troupes autour d’un candidat . Mais je pense qu’elles vont se constituer, car elles vont mesurer que la gravité du moment ne permet plus les bagarres antérieures. Nous avons à défendre des biens extrêmement précieux : l’euro, la protection sociale…

Comment peut-il rompre son isolement actuel ?
Nous sommes le 16 novembre, j’ai le souvenir de Jacques Chirac totalement isolé le 15 janvier. Tout d’un coup, les gens se sont dit : « Il fera mieux que Balladur. » Il ne faut pas qu’il hausse le ton, il faut qu’il argumente, peut-être même qu’il reconnaisse qu’il aurait mieux fait de prendre position au second tour de 2007. En tout cas, il ne doit pas laisser le sentiment aux Français qu’il avait des hésitations. Je lance un appel à ceux avec qui j’ai eu la chance depuis 20 ans de travailler en politique. Le moment est venu de jeter les vieilles rancunes aux oubliettes parce que tout cela nous dépasse personnellement : c’est l’avenir de la génération suivante qu’il faut assurer. Nous ne pouvons pas à la fois avoir fait l’euro et le détruire. Et nous ne pouvons pas nous rassembler derrière Sarkozy puisqu’il a cassé la confiance qui fait qu’un pays soutient un président.

Les troupes bayrouistes semblent plaider pour une consigne de vote au second tour en faveur de François Hollande, pourtant François Bayrou séduit davantage le centre-droit (Jean Arthuis, Bernard Bosson, entre autres), comment peut-il satisfaire tout le monde le soir du premier tour de 2012 ?
Il n’y pense pas car il a dans l’idée d’être en tête au premier tour. Si ce n’est pas le cas, il pensera que le centre c’est précisément le rassemblement de personnes qui ont une attirance pour des idées qui ne sont pas forcément les mêmes. Mais ce qui les rassemble est plus important que ce qui les sépare. Cela étant, chacun va « faire le camp » qui lui semble le plus prêt à assumer la charge du gouvernement. La campagne du premier tour, en appuyant très fort sur des enjeux comme l’euro, obligera ceux qui rejoindront un autre candidat à expliquer les raisons de leur ralliement.

A titre personnel, qui envisagez-vous de rejoindre au second tour si François Bayrou est absent ?
Précisément, j’aurais besoin de garanties sur l’euro et du rétablissement des finances publiques. Mais je pense que ça pourrait marcher pour François Bayrou parce que le sarkozysme est devenu anxiogène. Les Français attendent une accalmie, un geste d’écoute, d’humilité, qu’il arrête de les prendre pour du gibier de sondage. François Bayrou, lui, n’est jamais tombé dans ce travers.

Quel rôle allez-vous jouer durant la campagne ?
Je vais mouiller ma chemise, je vais activer mes réseaux et notamment les réseaux sociaux. Et je vais m’appliquer à démontrer que les finances publiques sont le sujet principal. Je n’ai pas posé de condition, je ne demande pas à être porte-parole de ceci ou cela, je ferai ce qu’on me dira. Dans un premier temps, il va probablement me confier un travail de mise en commun avec les autres candidats de gouvernement pour voir si on peut partir d’un état actuel des finances publiques de la France qui soit identique chez chacun.

Ce qui signifie que vous allez solliciter Nicolas Sarkozy pour faire ce travail ?
Oui. Ça me va bien l’idée d’aller voir tous les partis pour se mettre d’accord sur un diagnostic commun.

Vous ne pensez pas que Bayrou aurait dû se lancer plus tôt dans la course à l’Elysée au lieu de vouloir à tout prix refaire la même campagne qu’en 2007 ? Au moment de la sortie de son livre par exemple.
Il n’y qu’un candidat qui peut décider du tempo. Il faut aller vite, quand il aura annoncé sa candidature, il va gagner très vite des points

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