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« Nous devons reconstruire la production française et reconquérir les secteurs abandonnés »

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, était l’invité de la matinale de RMC, jeudi 28 juillet.

Il est revenu sur la hausse des chiffres du chômage, soulignant que « la production française, production industrielle, production agricole, les services tout cela est pour l’instant en situation de profonde crise. »

RMC : « Nicolas Sarkozy vous a écrit comme à tous les députés pour vous proposer d’instaurer la règle d’or, c’est à dire l’équilibre, à terme, on va dire à moyen terme, du budget de l’État, et vous avez dit oui à Nicolas Sarkozy. »

FRANÇOIS BAYROU : « Nous avons devant nous une question qui est très très importante, qui est très explosive, c’est la question du déficit et de la dette et comme vous savez il y a des années que j’alerte les Français… »

RMC : « Déjà en 2007 pour la campagne présidentielle »

FRANÇOIS BAYROU : « …et les gens qui sont en responsabilité sur cette affaire qui risque à tout moment d’exploser chez nous comme elle a explosé en Grèce, comme elle peut exploser en Espagne ou en Italie. C’est très important parce que derrière tout ça qu’est ce qu’il y a ? Il y a des décisions qui sont des décisions de coupes sévères, terribles, salaires des fonctionnaires, diminution des retraites, tout ce qui a été fait dans les pays dont je viens de citer le nom. »

RMC : « On va échapper à tout ça vous croyez, vous ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Je pense que si en tout cas on veut y échapper il y a des décisions très importantes à prendre. Alors, pour expliquer un peu ce qui arrive, le gouvernement a fait voter un projet qui n’est pas encore inscrit dans la Constitution, qui a été voté à l’Assemblée Nationale et au Sénat, qui est un projet dont le texte ne me satisfait pas complètement, parce qu’il est encore trop flou à mes yeux. »

RMC : « Et maintenant il faut un Congrès à Versailles et un Congrès à Versailles ça veut dire plus de députés et de sénateurs que les simples députés de la majorité UMP. Donc il faut vos voix et il faut une voix du parti socialiste. »

FRANÇOIS BAYROU : « Et donc ce texte n’est pas vraiment ce que j’aurais voulu, puisque moi j’aurais voulu un texte clair qui dise :  »Lorsque les choses vont bien, lorsqu’on est en période de croissance, les déficits de fonctionnement, de fonctionnement de l’État, sont interdits. » »

RMC : « Ce qui paraît logique, c’est comme pour un ménage. »

FRANÇOIS BAYROU : « Ça devrait être ça, bon. Alors le gouvernement a pris un texte qui est plus complexe, plus flou, mais j’ai dit à Nicolas Sarkozy, que j’ai rencontré lundi, qu’à sa place, j’irai au Congrès, c’est à dire devant l’Assemblée Nationale et devant le Sénat… »

RMC : « Ah c’est vous qui avez posé vos conditions ! »

FRANÇOIS BAYROU : « …pour mettre l’ensemble des élus devant leur responsabilité. »

RMC : « Comment il a réagi quand vous lui avez proposé ça ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Bon, c’est naturellement une idée qui est examinée depuis quelques semaines, je pense qu’il a en tête à la fois ce que ça ouvre comme responsabilité et en même temps les risques éventuels que ça peut faire prendre si ce texte était renvoyé. »

RMC : « Simplement, François Bayrou, vous lui rendez quand même un fier service à Nicolas Sarkozy, parce qu’il est en train d’apparaître comme effectivement le champion de quand même, peut-être – ce n’est pas ce qu’il a fait jusqu’à présent, mais peut-être demain – d’une certaine discipline budgétaire et vous avez fait que vous-même vous lui dites oui, Jean-Louis Borloo lui dit oui, vous êtes en train de reconstituer un front UMP – centre, alors que l’on pensait que vous hésitiez avec le parti socialiste. »

FRANÇOIS BAYROU : « Est-ce que vous pourriez une seconde – je vois que vous-même vous souriez – est-ce que l’on pourrait une seconde avoir, sur ces affaires très importantes, une approche qui ne soit pas une approche simplement, bêtement électorale et politicienne ? »

RMC : « Est-ce que c’est le parti socialiste à votre avis ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Non, laissez moi dire ce que je pense. Je me bats sur cette idée d’inscription dans la Constitution de l’interdiction des déficits en période de croissance, je me bats depuis 10 ans. Ça a été une des propositions les plus importantes que j’ai faites lors de la campagne électorale de 2007. »

RMC : « C’est vrai. »

FRANÇOIS BAYROU : « Et donc, la moindre des choses, si on a un peu de sérieux, cohérence, si on veut essayer d’avoir une ligne politique au travers du temps, une ligne de vie, la moindre des choses, c’est que je vote quelque chose qui va dans ce sens là, même si ce n’est pas exactement ce que j’aurais souhaité et voulu. »

RMC : « Avouez quand même que c’est habile pour Nicolas Sarkozy. »

FRANÇOIS BAYROU : « Ça n’a aucune importance, vous comprenez ça ? »

RMC : « Vous êtes sûr ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Ça n’a aucune importance. »

RMC : « Que vous votiez oui, ça n’a aucune importance, ce qui important, c’est le fond de la proposition ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Ce qui est important, c’est que la France fasse un pas vers quelque chose qui est essentiel pour son avenir, de dire :  »écoutez, on ne va pas continuer comme ça, à creuser le déficit, parce qu’en creusant le déficit, on creuse notre situation, on met en péril la situation du pays ». Et donc, le moins que l’on puisse faire, droite, centre, gauche, ça n’a aucune importance, le moins que l’on puisse faire, c’est de dire :  »nous allons tous ensemble, adopter une ligne sérieuse » et si je ne faisais pas ça, je serai vraiment en contradiction avec tous les engagements de ma vie. »

RMC : « Alors, FRANÇOIS BAYROU, j’en profite pour vous avoir, parce qu’on arrive pas à avoir une réponse claire de la part des représentants du gouvernement sur ce plan d’aide à la Grèce. Tout le monde sait que contrairement au plan précédent, ce n’est pas seulement des garanties, mais il y a des abandons de créance. Le gouvernement a avoué, j’utilise ce mot  »avoué » volontairement, que ça allait quand même coûter quinze milliards de dettes à la France. On nous explique, la Commission Européenne est complice, que ce ne sont pas des déficits, que ça va pas aggraver la facture, que les Français, finalement, ne paierons rien, circulez, il n’y a rien à voir. Moi, je suis convaincu que ça va nous coûter quelque chose. D’ailleurs, la loi de finance qui est en préparation pour la rentrée va tenir compte de ce coût. Est-ce que vous pouvez nous éclairer un peu ? Ça va coûter combien aux Français, ce plan d’aide à la Grèce ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Vous avez dit que j’avais rencontré Nicolas Sarkozy lundi. Le sujet de l’entretien que je lui avais demandé, c’est ça. Je trouve que les choix qui ont été faits pour le plan d’aide à la Grèce, que l’on a présenté comme un succès ou une avancée, ne sont pas les bons choix. Je trouve que c’est inquiétant pour l’avenir, parce qu’il n’est pas normal de demander aux Français de s’endetter ou d’aggraver leur déficit pour la situation grecque. C’est à l’Union Européenne de prendre ses responsabilités. Ce qui est incroyable dans cette affaire, c’est que nous avons bâti l’euro, nous avons bâti la zone euro, que la zone euro n’a aucun endettement, que la BCE est à l’abri de ses décisions, enfin presque à l’abri, pas entièrement; mais je trouve que l’on aurait dû demander à la zone euro en tant que telle, aux institutions de l’euro en tant que telles, d’apporter de l’aide à la Grèce. La Banque Centrale Américaine, comme vous le savez, elle fait ça pour des milliers de milliards, d’ailleurs trop. »

RMC : « Oui, mais attention… D’abord, c’est intéressant ce que vous dites, c’est à dire que ce n’est pas aux Français de supporter mais à l’Europe comme tout, en plus elle n’est pas endettée donc c’était facile pour elle… »

FRANÇOIS BAYROU : « J’ai pris une image devant le Président de la République. Je lui ai dit :  »quand des agriculteurs font une coopérative agricole et que l’un d’entre eux se trouve en difficulté, on va pas demander aux autres de s’endetter pour celui qui est en difficulté, c’est la coopérative agricole qui repousse des échéances ou bien qui va à la banque, qui va apporter sa garantie à la banque, au nom de la coopérative et non pas des autres agriculteurs. Eh bien c’est exactement la même chose : l’Europe devrait avoir une démarche coopérative. » »

RMC : « Alors le problème c’est que l’Europe n’est pas forcément politique, donc l’endettement au niveau européen ça fait peur à certains États-membres, notamment aux Allemands. Mais une question quand même, parce que c’est bien gentil ce que vous dites, mais les États-Unis ont fait ça, l’État fédéral s’est endetté, et aujourd’hui, on arrive là aussi à des limites… »

FRANÇOIS BAYROU : « Mais parce qu’ils se sont trop endettés. Les États-Unis vivent depuis des années une situation qui est exactement la situation française, c’est à dire qu’ils vivent en même temps un déficit du commerce extérieur – le pays perd ses ressources parce qu’ils achètent plus qu’ils ne vendent – et un déficit budgétaire pour essayer cependant de garder un niveau de vie. Eh bien, je trouve que la France devrait faire attention, aurait dû faire attention depuis des années et devrait faire extrêmement attention pour son avenir parce que ceci va nous placer dans une situation périlleuse et chacun de ceux qui écoutent se souvient, d’une part qu’on a eu un débat sur ce sujet en 2007 dans lequel j’ai proposé aux Français des choses qui sont des choses sérieuses; et voient aujourd’hui le développement, cette vague qui avance et qui menace des choses très précieuses, chères à notre pays. »

RMC : « Cette contre-vague de la dette des États. Mais justement si vous étiez président en 2012, qu’est-ce que vous proposez, que ce que vous promettez aux Français : de la sueur, des larmes et du sang ? »

FRANÇOIS BAYROU : L’expression :  »sueur, larmes et sang » est une expression fausse. Je sais bien qu’elle est souvent utilisée, c’est l’expression de Churchill pendant la guerre. Ici il n’y a pas de sang, il n’y a pas de larmes, parce que heureusement tout le monde est vivant et on est en paix. »

RMC : « Il y aura des efforts à faire ! »

FRANÇOIS BAYROU : « Il y aura des efforts à faire et c’est la meilleure nouvelle qu’on puisse trouver. »

RMC : « Quels efforts, alors ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Je dirai exactement d’ici la rentrée lesquels. Ce que je crois, moi, de nécessaire – je ne dis pas que j’ai toutes les solutions entre les mains – mais ce n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est une bonne nouvelle, parce qu’il faut qu’on s’en sorte ! »

RMC : « Vous êtes le seul à dire ça, François Bayrou. »

FRANÇOIS BAYROU : « Eh bien oui, je suis le seul à dire cela et c’est exactement pour ça que dans ce débat auquel je tiens, dans les décisions qu’il faudra prendre, je défendrai quelque chose qui aidera la France et pas qui pénalisera la France. Pour l’instant, on augmente constamment le poids que l’on a sur les épaules. »

RMC : « Et vous voulez tenir le discours de la vérité aux Français, on l’a bien compris. »

FRANÇOIS BAYROU : « Oui. »

RMC : « Alors, dans quelques instants, on va parler nous, de choses très très concrètes. Je vais vous faire réagir, tiens, à plusieurs des sujets qui ont fait l’actualité de l’antenne depuis ce matin, des propositions, par exemple, d’un député UMP, de censurer les groupes de rap qui tiennent des propos injurieux, on va y revenir dans un instant, ou encore la proposition de la CGT d’offrir des chèques vacances aux chômeurs. RMC, il est 8h43. »

RMC : « Serez-vous candidat à la présidentielle ? »

FRANÇOIS BAYROU : « Quand le temps sera venu de faire des annonces de cet ordre, je vous promets de venir chez vous. »

RMC : « Alors, j’ai promis à ceux qui nous écoutent sur les questions concrètes qui passionnent les Français ce matin. Alors, première question, cette proposition d’un député UMP, on en a parlé, on l’a eu même au téléphone ce matin, il s’agit de Michel Raison, député-maire de Luxeuil les Bains, en Haute-Saône. Voilà la question écrite qu’il a formulée au gouvernement, qui a été publiée au J.O. Hier. Il demande :  »quelles mesures ont été prises pour censurer les chansons incitant à la haine et écrites par certains groupes de musique rap issus de l’immigration ? », je cite.

FRANÇOIS BAYROU : « Ça sera la deuxième question, ça sera pas la première, pare qu’on va changer l’ordre, on va essayer de dire des choses que ceux qui vous écoutent trouvent essentielles. »

RMC: « Qu’est-ce que vous voulez dire ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Ce matin, ont été publiés les chiffres du chômage. »

RMC: « On va y venir. »

FRANÇOIS BAYROU: « Non, non, commençons par ça si vous voulez bien. 33600 chômeurs de plus. Cela mérite que l’on s’arrête. C’est une manière de faire que ceux qui nous écoutent choisissent avec nous de s’occuper de l’essentiel et pas de ce qui est un peu accessoire. Pour le deuxième mois consécutif alors que l’on nous disait que ça allait mieux, qu’on était en train de sortir de la crise, qu’on allait en sortir pour le deuxième mois consécutif, le chiffre du chômage suit tous les autres chiffres qui montrent que la production française, production industrielle, production agricole, les services tout cela est pour l’instant en situation de profonde crise. Ça c’est la question. Si on n’est pas un pays qui peut ressaisir ses forces, pour aller dans le sens de reconstruire notre production, il n’y a aucune chance, ni qu’on donne de chèques-vacances, ni qu’on améliore la situation des familles, aucune chance, et donc selon moi c’est ces sujets-là que l’on doit mettre au premier plan… »

RMC: « Cela fait trente ans que la lasse politique française nous promet de remettre le thème de l’emploi au premier plan. »

FRANÇOIS BAYROU: « Vous avez sans doute raison mais la classe politique française s’est beaucoup trompée. C’est une raison de plus changer la démarche et l’approche de la classe politique ce qui est le combat que je mène et que je mènerai. »

RMC: « Concrètement, quel combat mèneriez-vous contre le chômage et pour l’emploi ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Le combat n’est pas à mener en créant des emplois artificiellement… »

RMC « Comme le parti socialiste. »

FRANÇOIS BAYROU: « …oui tout cela n’a aucune chance d’être respecté. Les promesses ne sont pas respectées si l’on ne reconstruit pas un pays productif. »

RMC: « Comment faites-vous ? »

FRANÇOIS BAYROU: « C’est naturellement une action qui exige beaucoup beaucoup de choses. Il y a pour moi une certitude, c’est que l’on a abandonné beaucoup trop de secteurs de production. Il y a des choses qui marchent formidablement bien en France, l’aviation ça marche très bien, la pharmacie ça marche très bien, tout le reste y compris les choses de la vie de tous les jours, l’électroménager, le textile a été abandonné, et donc cela, les Allemands ont choisi la stratégie inverse, ils ont choisi de rester sur tous les secteurs, la question qui va se poser c’est comment on reconquiert les secteurs abandonnés.

RMC: « Vous pensez qu’il ne faut pas abandonner les secteurs…c’est vrai que la roue tourne, et qu’il faut peut-être investir sur d’autres technologies, le soleil…? »

FRANÇOIS BAYROU: « Je pense exactement ça, je pense qu’il n’y a aucun secteur de la vie de tous les jours, de la consommation, de ce que nous trouvons dans les magasins qui doivent être abandonnés. Je pense au contraire qu’il faut pour le pays les reconquérir. »

RMC: « Mais il faut faire quoi, du protectionnisme ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Non sûrement pas, le protectionnisme est un mensonge il se trompe toujours, il faut être meilleur que les autres en se servant des atouts de notre pays qui existent et qui sont nombreux. Et j’ai voulu mettre ça en première question, parce que ça, ça va être le premier sujet si on est sérieux de la campagne électorale qui vient et ça nécessite beaucoup de changements, beaucoup de changements dans notre économie, beaucoup de changements dans la politique française, voilà le sujet que je voulais traiter. »

RMC: « Ensuite deux autres questions qui sont des questions qui font quand même débat ce matin, c’est, un, la proposition de la CGT d’offrir parce qu’on a eu des précisions ce matin c’est pas seulement de donner des chèques-vacances aux chômeurs parce que ça existe déjà, il y a les caisses d’allocations familiales, mais c’est de leur faire un prix plus bas sur les chèques-vacances parce que nous disent-ils un chômeur est de plus en plus stressé parce que la recherche d’emplois est de plus en plus difficile. »

FRANÇOIS BAYROU: « Oui, c’est sûrement vrai et sûrement bien attentionné mais si dans un pays vous posez seulement la question du dépenser plus sans poser la question du faire rentrer plus de ressources pour soutenir ces dépenses alors vous racontez des histoires aux gens et moi je pense que moins on fera de promesses dans les temps qui viennent, et plus on sera en phase avec ce que le pays doit traverser et donc moi en tout cas je ne m’inscrirai pas dans le concours des promesses qui est je crois excessif. D’ailleurs on le voit dans le débat, on est en train d’avoir à chaque instant, vos journaux ouvrent sur les comptes, le chômage, et par ailleurs il y a une vie politique qui fait promesses sur promesses. Ça n’ira pas. Et il faut que nous soyons tous là je crois pour dire « ne continuez pas de cette manière, vous êtes en train de nous enfoncer » donc je pense qu’il faut une démarche qui change avec les démarches que l’on a connues hélas trop souvent dans les élections. »

RMC: « Alors une réponse à cette proposition de vote collègue UMP et non pas MoDem évidemment Michel Raison député-maire de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône qui demande au gouvernement de censurer les groupes de rap qui profèrent des propos soit racistes soit machistes, des groupes de rap dit-il issus de l’immigration, je cite entre guillemets »

FRANÇOIS BAYROU: « Oui, vous voyez bien cette obsession qui vise à faire de l’immigration le sujet essentiel de toutes les disputes, de tous les affrontements, de toutes les passions, et je sais bien qu’il y a des secteurs, des quartiers, des villes où rien n’est facile parce qu’il y a des déséquilibres de population, chaque fois qu’il y a des déséquilibres il y a des difficultés. Cependant cette obsession là est une obsession qui amène la France à des difficultés aggravées parce que dans un pays quand tout un peuple a des problèmes à résoudre ensemble, ensemble !, si vous dressez une partie de la population contre l’autre, ou si vous jetez de l’huile sur le feu, évidemment vous vous trouvez avec des problèmes aggravés. »

RMC: « Alors vous avez vu Nicolas Sarkozy lundi et puis je sais pas s’ils vous ont entendu parce que finalement ils ont peur que vous vous ralliez au camp de la droite, je ne sais pas si vous avez entendu Ségolène Royal et Manuel Valls qui appellent à des rassemblements bien au-delà de la gauche, qui incluent évidemment le MoDem de François Bayrou mais également les Gaullistes sociaux. »

FRANÇOIS BAYROU: « Vous voyez que c’est exactement le même sujet que je traitais devant vous à l’instant. Il y a au fond deux positions: il y a ceux qui disent la vie politique française ça va très bien comme ça, c’est gauche contre droite et puis ça continuera aussi longtemps que les temps dureront et quand les uns perdront le pouvoir les autres gagneront le pouvoir, vase communiquant d’un bord à l’autre; il se trouve que je pense que ça ne peut pas aller comme ça et que de plus en plus de gens adoptent la même position et disent non ça ne pourra pas marcher de cette manière -là et disent on sera obligé de faire bouger les frontières et on sera obligé d’avoir des majorités qui ne ressemblent pas aux majorités que l’on avait jusqu’à maintenant. Ça c’est la première affirmation et donc Manuel Valls dit par exemple des choses que je trouve justes et d’autres les pensent sans les dire. Mais il faut ajouter une deuxième chose: changer et faire bouger les lignes c’est indispensable mais pour quoi faire ? Et c’est ça la question. Parce qu’il se trouve que dans le camp de la gauche comme dans le camp de la droite, il y a des gens qui n’ont pas la même idée de l’avenir, par exemple vous avez cité une phrase que je trouve très juste, ceux qui disent « il faut fermer les frontières »; il y en a à gauche, très à gauche, il y en a à droite, très à droite. Ceux-là, ça c’est un débat essentiel… »

RMC: « Quelle phrase vous trouvez très juste ? »

FRANÇOIS BAYROU: « De dire que le protectionnisme va être un sujet, une question, c’est ce que vous avez indiqué. »

RMC: « Ce n’est pas ce que vous pensez. »

FRANÇOIS BAYROU: « Si, je pense que ça va être une question et que c’est un très grand risque. Je pense que c’est un très grand risque, parce que chaque fois que ça a été fait, il n’y a qu’à regarder l’Union Soviétique par exemple, chaque fois que cela a été fait, ça a fait des drames et donc la seule voie qu’il faille adopter, c’est celle qui a été suivie par de grands pays par exemple par l’Allemagne et qui a dit « Et bien nous, nous allons nous inscrire comme des champions dans les échanges mondiaux comme ils existent. Nous avons tous les moyens, un grand pays comme le notre, avec des équipements, avec des chercheurs, nous avons tous les moyens d’être les premiers dans la compétition et on avance plus lorsque l’on choisit de relever les défis comme ils se présentent que quand au contraire on choisit de les supprimer, parce que personne n’y arrivera. » »

RMC: « Alors votre côte de popularité est à 42 pour cent, la sienne est à 48 pour cent, vous l’avez reconnu c’est Jean-Louis Borloo, vous dites à peu près la même chose, vous êtes au centre de l’échiquier, vous voulez faire bouger les lignes, pourquoi est-ce que vous ne vous entendriez pas ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Nous ne disons pas du tout la même chose. Ce que je dis là ce n’est absolument pas la position choisie par d’autres. Pourquoi ? Parce que eux ils ont choisi de s’inscrire dans la majorité, ils ont été les principaux soutiens de tout ce qui a été fait depuis des années… »

RMC: « Vous allez voter la réforme de Sarkozy, je pensais que vous aussi vous étiez potentiellement… »

FRANÇOIS BAYROU: « Non, non, vous voulez bien que l’on essaye de dire des choses sérieuses et pas du bla-bla habituel ? Je voterai chaque fois que ça me paraîtra être du bon sens. Quand c’était le bouclier fiscal je votais contre et eux votaient pour, quand c’était un certain nombre d’injustices sociales et fiscales, je votais contre et eux votaient pour, chaque fois qu’il y a eu des dérives dans les affaires ces dernières années, j’ai été contre et eux étaient pour, ils voulaient même devenir premier Ministre tellement ils aimaient Nicolas Sarkozy, vous voyez que ce n’est pas du tout la même attitude. Un responsable politique, qu’est-ce que les gens demandent ? Ils demandent: un, qu’il dise la vérité, et deux, qu’il ait une ligne politique et qu’il la garde, qu’il soit cohérent au travers du temps et cette cohérence là c’est la différence qui permet de faire le tri entre des attitudes politiques. »

RMC: « Petite question, vous avez un nouvel adhérent depuis le 12 juillet dernier, je ne sais pas si vous êtes au courant, il s’est inscrit au MoDem, il s’appelle Maxime Brumerie… »

FRANÇOIS BAYROU: « Et bien j’ai entendu ça ce matin alors je vais vous dire une chose très simple, au MoDem, au Mouvement Démocrate, on n’entre pas comme dans un moulin. On peut aller sur le site, demander une adhésion mais cette adhésion naturellement elle est soumise à l’approbation, on fait une petite enquête sur les gens qui viennent. Les déséquilibrés n’ont pas de place chez nous. »

RMC: « Vous refusez son adhésion au MoDem. Des questions politiquement concrètes. On va aller dans votre département de prédilection pour voir si vous connaissez évidemment bien le Béarn, l’est, mais est-ce que vous connaissez bien l’ouest, il y a des festivals et c’est les fêtes traditionnelles de Bayonne, petit quiz, trois questions sur les fêtes de Bayonne, d’abord comme s’appellent les cérémonies qui déclarent ouvertes les fêtes de Bayonne ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Non je ne vais pas faire de quiz, depuis très très longtemps j’ai refusé les quiz donc on va… »

RMC: « Un festaye, vous savez ce que c’est un festaye quand même ? »

FRANÇOIS BAYROU: « Je sais ce que c’est un festaye, je vous signale d’ailleurs qu’un festaye ce n’est pas le nom basque c’est le nom béarnais. C’est le nom gascon, c’est le participant aux fêtes. »

RMC: « Et le paquito ? »

FRANÇOIS BAYROU: « C’est aussi quelque chose qui a avoir avec l’élevage bovin. »

RMC: « C’est aussi une danse traditionnelle des fêtes où les gens sont assis par terre les uns derrière les autres. C’était François Bayrou. »

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