RSS Facebook Twitter
 

« L’Europe ne se fera pas contre les populations », déclare Jean-Luc Bennahmias

Jean-Luc Bennahmias, député européen et membre du Shadow Cabinet, est revenu sur la situation de la crise grecque, la qualifiant d’abord de « grave crise de légitimité ». « Un traitement basé uniquement sur l’austérité est très loin de se révéler crédible », a-t-il déclar, en appelant entre autres à une « transparence totale des chiffres des déficits ».

« La Grèce et l’Europe sont malades. La situation demande un traitement mais le choc que l’on ne cesse d’administrer depuis des mois n’est pas accepté par la population et, disons le clairement, à juste titre ! Le traitement n’est pas acceptable pour deux raisons essentielles.

La première réside dans le fait que les responsables politiques en Grèce et en Europe actuellement aux manettes sont les mêmes qui défendaient avec verve le tableau macro-économique de la Grèce lorsqu’il s’agissait de rentrer dans l’euro et les vertus de l’aventure budgétivore des Jeux Olympiques. Ceux-là même prônent aujourd’hui sans sourciller d’abandonner les plus fragiles et les classes moyennes grecques à leurs propres sorts. On est donc en face d’une grave crise de légitimité.

La seconde, c’est qu’un traitement basé uniquement sur l’austérité est très très loin de se révéler crédible, et pas seulement en Grèce. Alors que la contagion s’étend en Europe, il va bien nous falloir aller chercher la compétitivité et les marges de croissance pour pouvoir sortir la tête de l’eau, de manière collective et solidaire.

Aller enfin vers la transparence totale des chiffres des déficits et se donner pour de bon les véritables outils statistiques indépendants, là où les incertitudes et les spéculations demeurent ;
Aller vers une justice sociale et fiscale exigeante là où les inégalités ne cessent de progresser ;
Miser sur l’avenir en donnant une ambition à la recherche et à l’éducation là où on coupe dans les budgets sans sommation ;
Aller vers un cadre régulateur de l’économie financiarisée au niveau européen à défaut d’être mondial là où la loi de la jungle ne cesse de primer ;
Aller enfin vers de nouvelles sources innovantes de financement (taxe sur les transactions financières, budget européen fondé sur de nouvelles ressources propres) là où les budgets nationaux sont en terrible souffrance depuis bientôt 30 ans.

Or, l’Union européenne, pas plus que le FMI, ne semblent vouloir faire l’effort de proposer à ses concitoyens de nouvelles pistes de salut. Bridée par les conservateurs de tous bords et les ultra-libéraux, l’UE s’acharne même dans l’autisme.
Pas plus demain qu’aujourd’hui, le peuple grec n’acceptera d’avaler comme unique potion, celle de l’austérité.

L’idée européenne, si elle devait incarner cette impasse, serait pour de bon en péril. Alors que nous en avons plus que jamais besoin, une telle politique serait suicidaire ! »

Partager sur
  • Partager via Facebook
  • Partager via Google
  • Partager via Twitter
  • Partager via Email
 

Poster un commentaire