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Olivier Henno: « A la reconquête militaire des quartiers difficiles, nous opposons la reconquête éducative! »

Olivier Henno, responsable de la sécurité au sein du Shadow Cabinet, a réagi après les déclarations du maire de Sevran qui réclame l’intervention de l’armée en cas de violences telles qu’intervenues récemment à Corbeil-Essonnes.

« Si l’exigence de sécurité et de tranquillité de nos concitoyens doit être au cœur de la réflexion de tous les élus républicains, s’il est intolérable de voir nos enfants effrayés ou blessés par les exactions récurrentes de voyous, s’il est de notre devoir de pointer du doigt l’échec des politiques de sécurité dirigées en France depuis 10 ans par Nicolas Sarkozy ; je m’interroge sur l’espèce de consensus, tant au gouvernement que chez certains dirigeants politiques, d’un discours militariste (et électoraliste) à destination des jeunes et banlieues. Comme si, pour combattre la loi des caïds, la France devait entrer en guerre contre elle-même, comme si l’armée était la seule réponse au problème de délinquance.

Comme l’a montré le chercheur Hacène Belmessous dans « Opération banlieue: Comment l’État prépare la guerre urbaine dans les cités françaises » (La Découverte, octobre 2010), l’orientation des politiques de défense et de sécurité depuis 2007, inspirées par les méthodes américaines, va dans le sens de la militarisation des opérations de sécurité intérieure. C’est inquiétant pour tous les démocrates car comme le rappelle Hacène Belmessous : « aujourd’hui, si on envoie les troupes en Afghanistan, il y a un débat parlementaire. Il ne se passe rien si on envoie les troupes dans les banlieues ».

En délaissant la nécessaire politique de la ville (où est donc le fameux « plan Marshall » des banlieues promis ? A quoi sert encore le ministère de la Ville ?), en laissant dégénérer la misère sociale, éducative, morale de certains territoires depuis des dizaines d’années, on a transformé ceux-ci en « brasiers » qui finalement servent le pouvoir. Ainsi, en période électorale, rien de tel qu’une bonne opération coups de poing venant de l’extérieur, une opération de « pacification », d’une « guérilla urbaine » savamment provoquée pour s’attirer les faveurs des électeurs. Souvenons-nous des campagnes de 2002 et de 2007…

Les instituteurs, hussards noirs de la République, vont-ils être remplacés par les commandos des forces spéciales ? A la reconquête militaire de territoires perdus de la république nous opposons la reconquête éducative avec l’Education Nationale, une police et une justice présentes et efficaces. Cette reconquête appelle des réponses précoces, pour briser la chaîne qui mène des petits aux grands délits.

Education et punition, éléments indissociables, seront les deux piliers de cette politique. Car tout commence à l’école et nous disons : « Plus personne ne doit pouvoir se sentir en insécurité ou en difficulté dans l’école de la République ». Il faut par exemple d’urgence des internats éducatifs pour les très jeunes qui dérapent, permettant de rebâtir leur personnalité. C’est aussi une question de sécurité publique. »

Olivier Henno

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