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« Il faut, à la tête du FMI, une personne exempte de tout reproche »

Jean-Luc Bennahmias, député européen et responsable des sujets culture, société, jeunesse et sport au sein du Shadow Cabinet, déclare que, « au-delà de sa possible implication dans l’affaire Tapie », la candidate à la tête du FMI Christine Lagarde a « fait preuve d’une certaine incapacité à anticiper la crise financière ».

« Alors que les mobilisations se succèdent en Europe (Grèce, Espagne, Royaume-Uni), la France et plusieurs chefs d’Etat européens semblent s’accorder unanimement sur la candidature de Mme Lagarde au poste de directeur général du Fonds Monétaire International.

Or l’actualité m’invite à relier les deux.

Depuis le début de la crise financière en 2008, les jeunes adultes européens, de Grèce, d’Espagne, d’Italie, et de fait de tous les Etats membres, sont viscéralement inquiets de la tournure des évènements. Les pancartes brandies par les manifestants témoignent de leur colère, de leur désespoir face à la crise qui n’en finit pas et de la volonté d’un changement audacieux… Quelles ont été les réponses ? On a d’abord minimisé la crise, on a ensuite promis des mesures, mais de réunions en réunions, de sommets en sommets, seules les vieilles recettes ont été servies, des plans de rigueur touchant en premier lieu les citoyens et notamment les plus défavorisés d’entre eux.

Mme Lagarde, au delà de sa possible implication dans l’affaire Tapie, est-elle la bonne candidate pour changer la donne ? Nous sommes sérieusement en droit d’en douter, ayant elle aussi fait preuve d’une certaine incapacité à anticiper la crise financière et les conséquences économiques qu’elle allait engendrer. Si son professionnalisme et sa compétence semblent faire aujourd’hui l’unanimité, un petit retour en arrière, en 2007-2008, nous ramène à la réalité, notamment lorsqu’elle a déclaré le 17 août 2007 : « Ce n’est pas un crash. […] Nous assistons aujourd’hui à un ajustement, […] une correction financière, certes brutale mais prévisible. » Puis le 18 décembre 2007 : « il est largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d’une grande crise économique ».

Le 10 février 2008, elle affirmait toujours: « nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l’Europe. » Faisant preuve d’un certain aveuglement face aux conséquences de la crise, elle affirmait peu après la chute de Lehman Brothers, le 16 septembre 2008 : « La crise aura des effets sur l’emploi et sur le chômage pour l’heure ni avérés ni chiffrables. » Puis dès le 20 septembre de la même année, alors que nous n’avions encore rien vu de ces conséquences immenses pour les citoyens européens, elle assurait : « la crise systémique est derrière nous. »

Les Européens eux ne sont pas dupes : la crise financière, économique et sociale, plaide aujourd’hui pour l’établissement de règles de régulation dans la sphère financière. Elle nous invite à penser et à mettre en œuvre de nouvelles sources de financement. Elle nous oblige à tenir un discours de vérité sur la situation économique et financière européenne. Le FMI n’en est et ne peut en être dispensé. On nous dit que l’ex-directeur du FMI avait posé de nouvelles bases, avait lancé une nouvelle politique du FMI… Il semble toutefois que les populations grecques, irlandaises, portugaises ou espagnoles n’en soient pas vraiment convaincues !

Plus que jamais, les responsables européens et du FMI sont sommés de passer à l’action, d’élaborer des solutions pérennes et de tracer des perspectives.

Avoir une candidature commune à l’échelle de l’Europe est une bonne chose mais encore faut-il choisir une personne exempte de tout reproche. »

Jean-Luc Bennahmias


 

 

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