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« La parole des femmes agressées est toujours soupçonnée. C’est dégueulasse, il n’y pas d’autre mot »

François Bayrou était l’invité du Grand Jury, dimanche 22 mai. Il répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie (RTL), Etienne Mougeotte (Le Figaro) et Frédéric Delpech (LCI).

Les journalistes l’ont notamment interrogé sur les faits actuellement reprochés à Dominique Strauss Kahn, le devenir du Fonds Monétaire International, la situation politique française et la polémique relative à la suppression des panneaux qui indiquent les radars routiers.

François Bayrou a ainsi déclaré à propos des « insinuations épouvantables » à l’égard de la jeune Guinéenne, victime présumée de Dominique Strauss-Kahn, « c’est dégueulasse ». « Si les faits sont avérés », alors « cette jeune femme blessée, c’est elle la victime », a-t-il affirmé.

« On insinue des choses épouvantables » contre elle, « on va lancer des enquêtes de centaines de milliers de dollars pour la déconsidérer (…) On va lancer contre elle des hordes de détectives », a-t-il dénoncé. « Cette jeune femme née en Guinée, peule, qui n’a pas été à l’école et sait tout juste écrire son nom, qui travaillait bien, sérieusement, élevait toute seule sa fille, on est en train de déchaîner contre elle les foudres des plus puissants de la planète », a-t-il poursuivi.

Selon lui, « s’il y a le respect de la présomption d’innocence, il y a également le respect de la présomption de sincérité », il faut « respecter l’équilibre » mais « cette jeune femme est du mauvais côté de la barrière: femme, noire, veuve, immigrée, musulmane ».

Le président du MoDem a regretté que « la parole des femmes agressées (soit) toujours soupçonnée. C’est toujours leur faute. C’est dégueulasse ». Selon lui, « ça révèle des choses profondes dans la société chez les puissants ».

Interrogée sur la diffusion des images de Dominique Strauss-Kahn menotté, François Bayrou a répondu: « les médias français ne pouvaient pas faire autrement que de montrer ces images sinon, les gens auraient dit le monde entier les voit et nous pas « .

François Bayrou a également affirmé qu’il y aura « un avant et un après » l’affaire DSK. Pour l’élection présidentielle de 2012, « ça va changer profondément la donne ». Mais « je ne confonds pas le parti socialiste en tant que mouvement politique et une affaire privée. Ce n’est pas le PS qui est en cause », a-t-il dit. Selon lui, « Dominique Strauss-Kahn était une sorte de candidat de la gauche idéal pour la droite (…) Les cartes sont rebattues mais on ne peut pas savoir pour qui ».

« Il y aura un candidat de droite, un de gauche, un du centre », excluant que ce dernier puisse être Jean-Louis Borloo, ministre des années dans des gouvernement de droite, a-t-il argué. Va-t-il lui même annoncer sa candidature en janvier 2012 ? lui a-t-on demandé. « Si vous regardez le passé, vous verrez que je n’ai pas souvent attendu jusqu’au mois de janvier », a ajouté François Bayrou.

« JE NE SOUTIENDRAI PAS LA CANDIDATURE DE CHRISTINE LAGARDE A LA DIRECTION DU FMI »

François Bayrou, président du MoDem, a par ailleurs pris position contre une nomination de la ministre de l’Economie Christine Lagarde à la direction générale du Fonds monétaire international, pour remplacer Dominique Strauss-Kahn.

« J’ai vu que les dirigeants socialistes, Martine Aubry et même François Hollande soutenaient Christine Lagarde (…) Moi, je ne le ferai pas », a affirmé François Bayrou, invité du Grand jury de LCI-RTL-Le Figaro. « Peut-être qu’ils ne savent plus exactement où ils habitent », avec l’affaire DSK, accusé d’acte sexuel criminel, a-t-il ajouté. Selon lui, « cette adhésion venant de l’opposition est suspecte et bizarre ».

« Le choix qui est annoncé (de Mme Lagarde) se heurte, pour moi, à deux questions principales: en principe, on est nombreux à ne pas approuver la politique économique qui a été suivie par la France » et « la deuxième chose, c’est que Mme Lagarde a été l’acteur principal de l’affaire Tapie », a-t-il dit.

« C’est elle qui a tenu les commandes dans cette période critique, c’est elle qui est venue devant les représentants du peuple français mentir sur les choix qui avaient été faits », a-t-il affirmé.

Alors même qu’elle n’est pas encore officiellement déclarée, les soutiens à une candidature de Christine Lagarde au FMI affluent tandis que Bercy se dit persuadé qu’aucune faute pénale ne peut être reprochée à la ministre de l’Economie dans l’affaire Tapie.

Mme Lagarde avait approuvé en 2007 le recours à un tribunal arbitral pour régler le différend qui opposait Bernard Tapie aux liquidateurs du Crédit Lyonnais, ex banque publique. Cette affaire s’était soldée par le versement de 385 millions d’euros à l’homme d’affaires et ancien ministre, payés in fine par les contribuables français.

Écoutez l’émission et retrouvez-la en vidéo très prochainement !

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